Mémoire et recherche

De l’inscription au dortoir : enquêter sur l’Hospedaria do Brás

Comment relier registres, espaces historiques, objets et témoignages oraux pour étudier un passage dans l’ancien centre d’accueil

Vous souhaitez savoir si un proche est passé par l’Hospedaria de Imigrantes do Brás, ou comprendre le parcours d’une personne qui y est arrivée ? La méthode la plus solide consiste à associer le registre d’inscription aux listes de passagers, photographies, objets et témoignages oraux. Chaque source répond à des questions différentes ; aucune ne permet, à elle seule, de reconstituer une vie entière.

L’ancien centre d’accueil, qui abrite aujourd’hui le Museu da Imigração do Estado de São Paulo, a reçu des étrangers ainsi que des Brésiliens venus d’autres États. Une enquête rigoureuse ne doit donc pas se limiter aux récits les plus connus de l’immigration européenne : elle doit également prendre en compte les migrations internes, les changements administratifs et les périodes dont les archives restent difficiles d’accès.

Ancienne machine à écrire noire posée sur une surface claire
Ancienne machine à écrire associée, dans les métadonnées de la collection, à l’ancienne Hospedaria de Imigrantes do Brás.

Commencer par le nom, tout en prévoyant des variantes

La recherche dans les registres d’inscription s’effectue par nom de famille. Les résultats peuvent indiquer la date d’arrivée à l’Hospedaria, l’âge, la nationalité, le lien de parenté, le numéro du livre et la page du registre, dont l’image numérique peut être consultée.

Avant la recherche, rassemblez les variantes orthographiques du nom, les noms du conjoint ou des parents, un âge approximatif et une période probable d’arrivée. Considérez l’âge et l’orthographe comme des indices, non comme des identifiants absolus. Si plusieurs personnes sont inscrites ensemble, comparez leurs liens familiaux et leurs dates avant de conclure qu’il s’agit de la famille recherchée.

L’absence de résultat ne prouve pas qu’une personne n’est jamais passée par le complexe. La page précise que 74 livres ont été numérisés en niveaux de gris et que deux autres n’ont pas pu l’être en raison de leur détérioration. Pour obtenir de l’aide, elle indique l’adresse pesquisa@museudaimigracao.org.br.

Ancien ventilateur de table à cinq pales métalliques avec cordon électrique
Ancien ventilateur qui, selon les métadonnées de la collection, aurait pu appartenir à l’Hospedaria do Brás.

Reconstituer la succession des espaces documentés

La page Autrefois et aujourd’hui permet une lecture historique du complexe en comparant des images de plusieurs époques. Elle ne confirme pas que chaque espace soit actuellement ouvert aux visiteurs.

Le parcours documentaire commence par l’arrivée. Une gare réservée à l’Hospedaria recevait et orientait les voyageurs, même si certains documents signalent des descentes aux gares de Brás et Roosevelt, suivies d’une marche avec des employés jusqu’à l’entrée de la Rua Visconde de Parnaíba. Dans l’entrepôt, les bagages étaient réceptionnés, désinfectés puis redistribués. Dans la salle d’inscription, le personnel interrogeait les nouveaux arrivants, vérifiait leurs documents et les listes de passagers, consignait des renseignements sommaires et remettait des cartes de séjour.

La circulation pouvait ensuite passer par la cuisine, les services de santé, les espaces administratifs et les dortoirs. Quatre vastes dortoirs situés au premier étage avaient une capacité indiquée de 150 personnes chacun ; deux autres se trouvaient au rez-de-chaussée. Nattes, lits et couchettes ont été utilisés selon les époques. Pendant la journée, les dortoirs restaient fermés, sauf pour les personnes ayant besoin de repos.

Croiser le registre avec les autres collections

La présentation des collections indique que le portail numérique rassemble registres d’inscription, listes de passagers, requêtes, lettres d’appel, iconographie, cartes et journaux. Après avoir trouvé une inscription, recherchez une liste de passagers correspondant à la date, puis comparez les noms, les âges et les liens familiaux. Lettres et requêtes peuvent apporter du contexte, sans être disponibles pour chaque personne.

Les objets appellent une autre lecture. Bagages, mobilier, ustensiles domestiques ou professionnels, documents personnels et vêtements peuvent éclairer les pratiques et les conditions matérielles, mais un objet sans lien nominatif ne prouve pas le passage d’un ancêtre précis. Une photographie ne saisit elle aussi qu’un instant : des travaux ont transformé la façade, les vérandas et d’autres secteurs, notamment en 1936. Notez toujours la date, la provenance et la légende avant d’utiliser une image comme preuve.

Inclure les Brésiliens et les périodes moins visibles

Inaugurée en 1887, l’Hospedaria accueillait les travailleurs et les orientait vers des emplois. À partir des années 1930 surtout, elle a également reçu des migrants venus d’autres États brésiliens ; ses activités ont pris fin en 1978. D’après l’histoire institutionnelle, environ 3,5 millions de personnes représentant plus de 70 nationalités, origines et appartenances ethniques y ont été hébergées en 91 ans.

Cette ampleur modifie la question de départ. « Quel navire a transporté mon ancêtre ? » convient à certains parcours internationaux, mais pas à une famille venue du Minas Gerais, du nord ou du nord-est du Brésil par train ou par la route. Pour les migrations internes, essayez aussi le lieu de naissance, les proches, la profession et une période approximative, tout en sachant qu’une partie des documents d’entrée des dernières années n’était pas encore numérisée lorsque le Musée a présenté son projet d’histoire orale.

Utiliser les témoignages sans en faire une preuve universelle

Le projet Hospedaria de Histórias a réuni deux regards différents : celui de Maria Rita Sodré, migrante du Minas Gerais qui y séjourna enfant vers 1950, et celui d’Ari Dotti, ancien employé lié à l’institution dans les années 1970. Leurs entretiens éclairent le quotidien, les services, les déplacements et les souvenirs affectifs, mais concernent des expériences et des périodes particulières.

Servez-vous d’un témoignage pour formuler de nouvelles questions : les groupes étaient-ils séparés ? Comment fonctionnaient alors les repas, les soins et l’orientation professionnelle ? Cherchez ensuite des confirmations ou des contradictions dans les archives administratives, les images et d’autres récits. Les divergences peuvent révéler une évolution institutionnelle ou les limites propres à la mémoire.

Faire de la visite une étape de la recherche

L’exposition de longue durée Migrar: histórias compartilhadas sobre nós, inaugurée en décembre 2025, a été conçue à partir d’échanges avec des migrants, réfugiés, chercheurs, militants, habitants du quartier, visiteurs et institutions. Ses onze modules abordent notamment les voyages, les frontières, les déplacements noirs et autochtones, l’immigration au Brésil, les migrations internes et la diaspora brésilienne — un cadre utile pour éviter un récit unique.

Le Musée se trouve Rua Visconde de Parnaíba, 1316, Mooca, São Paulo. Avant de vous y rendre, vérifiez sur son site officiel les conditions actuelles de visite, de consultation des collections et d’accès aux espaces ; les sources citées ici n’établissent pas que tous les lieux historiques soient ouverts au public. Apportez les noms, dates et références des livres trouvés. La visite permettra alors de confronter les preuves, plutôt que de chercher une confirmation impossible dans un seul objet.

Après cette exploration de la mémoire de São Paulo, l’itinéraire culturel peut se poursuivre ailleurs dans la ville. Becoartes se trouve Rua Gonçalo Afonso, 99, Vila Madalena ; consultez le site de Becoartes avant de préparer votre passage.

Poursuivez votre exploration des strates de São Paulo

Découvrez Becoartes, Rua Gonçalo Afonso, 99, Vila Madalena, et vérifiez les informations actuelles sur son site officiel.

Becoartes - Beco do Batman
99 rue Gonçalo Afonso, Vila Madalena, São Paulo

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